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Lorsqu'on évoque l'ego dans les échanges courants, c'est souvent pour le montrer du doigt : on parle de gros ego - sous-entendu trop imposant - ou encore de guerre d'egos... L'ego serait-il un ennemi à combattre ?
Et si, au lieu de le diaboliser, nous apprenions à l'apprivoiser ?
Car l'ego est en réalité une partie essentielle de nous-mêmes. Il s'est développé pour nous sauver la mise lorsque nous étions en difficulté dans l'enfance. Aujourd'hui il continue à veiller sur nous dans les situations délicates.
Mais c'est vrai qu'il prend parfois beaucoup de place, qu'il n'intervient pas toujours de manière ajustée. Alors comment l'apprivoiser ? Comment vivre en paix avec lui ? C'est ce que je vous propose d'explorer ensemble.
Avez-vous parfois l'impression de vous punir vous-même ? De ré-itérer un comportement qui vous fait du tort ?
Certains adultes racontent comment ils ont traversé leur scolarité dans le rôle de mauvais élève. Redécouvrant après coup leurs capacités, ils comprennent qu'ils ont dévié du plaisir d'apprendre pour ne pas être rejetés par leurs pairs. Le processus s'est joué inconsciemment. C'était un sauve qui peut.
Se pourrait-il que cette impression de vous faire du tort soit du même ordre ?
De fait, pour se développer l'enfant a des besoins et ils sont impérieux : se sentir en sécurité, aimé, reconnu… Lorsqu'il ne reçoit pas le nécessaire de son entourage, il n'a pas la capacité de prendre du recul, d'analyser, de comprendre, d'attendre ou d'aller voir ailleurs.
Alors, par ajustements successifs, il développe des stratégies qui lui permettent de nourrir ses besoins pour continuer à grandir et se développer.
Voilà un moment que vous faites partie d'un groupe, que vous êtes engagée dans une relation, que vous contribuez à une action et vous constatez de loin en loin que cela vous fait du mal. Comment se fait-il alors que vous continuiez ?
Parce que ce n'est pas si simple n'est-ce pas ?
Comment faire confiance aux pensées qui nous traversent l'esprit ? Ne sommes-nous pas en train de nous raconter des histoires ? Ne vaut-il pas mieux oublier ?
Observons ce qui se passe...
Vous ressentez parfois un malaise, mais vous n'avez pas envie de croire qu'il y a un problème. Vous tenez probablement à ce groupe, cette relation, cette action. Alors vous laissez passer, vous tâcher d'oublier.
Avez-vous remarqué combien notre besoin de sécurité est essentiel ?
Celui qui ne se sent pas en sécurité reste sur le qui-vive. Son attention reste focalisée sur les risques potentiels. Une part de son énergie reste bloquée, indisponible.
Concernant l'emploi, c'est ce qui, jusque là, conduisait la plupart des salariés à espérer un contrat à durée indéterminée.
Se savoir durablement en emploi, avec toutes les conditions associées, libérait l'esprit et permettait de se consacrer à d'autres choses (s'engager dans la société, faire des projets…). Mieux encore, certains aspiraient à un statut de fonctionnaire leur garantissant un emploi à vie.
J'observe beaucoup de changement !
Avez-vous parfois l'impression d'être dans le brouillard ? Insécurisant, n'est-ce pas ?
Il est pourtant des situations où nous sommes contraints à cette réalité : multiplicité des possibles, environnement mouvant, avenir imprévisible.
Comment passer au mieux de telles difficultés ? Peut-on s'acclimater à de telles circonstances ?
Franck Pruvost a l'impression qu'il peut nous apporter quelques pistes.
Il est atteint de cécité. C'est donc son quotidien de naviguer dans le brouillard ! C'est par l'expérience, corporelle et intérieure, qu'il a développe une compréhension des choses et c'est de la même manière qu'il cherche ce jour là à nous transmettre*. Puissant !

