Pont-à-Mousson, Nancy, Metz et à distance

Chemin dans la dune

Société

  • Que pensez-vous de l'égalité hommes femmes ? Comment prenez-vous votre place dans les discussions sur ce sujet ?

    Personnellement je trouve que ce n'est pas facile d'en parler de manière posée. Pourtant l'occasion m'a été donnée au travers d'une sollicitation par ATD Quart-Monde pour une Université Populaire sur le sujet.

    Les participants avaient travaillé la question en petits groupes avant la rencontre plénière. Une personne animait la rencontre selon un processus rodé, de sorte que la réflexion circule, que les pensées s'élaborent et se partagent.

    Avec une autre invitée, nous avions pour rôle d'écouter ce que chacun exprimait puis de prendre la parole à notre tour pour tisser du lien entre les idées, expériences, opinions, pour valoriser cette expression

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  • Vous avez dit intelligence artificielle ?

    Il serait plus juste de parler d'Informatique Avancée que d'Intelligence Artificielle précise Vincent Le Cerf*. Il ne s'agit que d'une simulation d'intelligence et il n'y aura jamais de conscience artificielle comme la science-fiction aime nous le faire craindre. L'IA n'est pas intelligente.

    L'IA n'est pas intelligente

    L'IA peut rendre service pour reconnaître, proposer, dialoguer, optimiser, prévoir, mais uniquement ce qu'on lui a longuement appris. Là où l'humain sait reconnaître un éléphant dès lors qu'on lui a montré un dessin ou une photo, l'IA aura besoin qu'on lui en présente 20 000 voire 100 000.

  • Qu'avez-vous l'impression de devoir changer ?

    Adapter à la marge ou reconsidérer en profondeur ? Améliorer ? Changer ? Transformer ? De quoi parle-t-on vraiment ?

    Alessandro Biscaccianti prévient qu'aujourd'hui les entreprises ne peuvent plus se contenter de simples améliorations ou de changements partiels. Elles doivent vraiment se transformer en profondeur si elles veulent survivre.

    Utilisant la métaphore de la conduite ou de la voile, il nous rappelle le bon sens qu'on oublie souvent dans les moments de crise.

    Je vous livre ici un aperçu de sa conférence pour l'entreprise* et je vous propose de le lire aussi pour vous-même, car nous avons tous actuellement à nous transformer en profondeur.

  • Comment faites-vous pour rester dans l'espérance ?

    Face à la monté des inquiétudes, pas si simple de rester dans la confiance que l'avenir vaudra le coup d'être vécu, que la vie restera un cadeau pour nos enfants ou pour nous-même.

    Gérald Bronner nous aide à prendre du recul et nous donne des pistes pour ré-enchanter l'avenir. Je vous relate ici sa conférence sur le sujet*.

    En 1900, les gens espéraient beaucoup de l'avenir. Dès 1960, le mot progrès a été de moins en moins utilisé. Son usage s'est effondré en 2000. Le mot a quasiment disparu, remplacé par celui d'innovation. Depuis lors, les gens imaginent que demain sera moins bien qu'aujourd'hui et même effrayant.

    Gérald Bronner fait le lien entre cette angoisse et notre relation à

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  • Que pensez-vous du burn out ?

    • On en parle trop ; c’est de la foutaise.
    • Y’a qu’à lever le pied ; ça va passer.
    • Ça m’est tombé dessus ;  J'aurais jamais cru.

    Le phénomène est massif comme le montre le baromètre Empreinte humaine / Opinion Way de mars 2022 : 34% des salariés seraient en situation de burn-out sévère et 41% en situation de détresse psychologique.

    Personnellement je considère que le problème est sérieux et je constate qu'il déborde largement la description qui en a été donnée dans les année 80. Il ne s'agit plus seulement d'épuisement professionnel.

  • Qu'est-ce qu'une vie réussie ?

    Permettez que je reformule la question : à quoi aspirez-vous pour votre vie ? Qu'aimeriez-vous constater autour de vous à l'heure de vous réjouir ?

    Et oui, la formulation est importante. Le contexte et les modalités pour laisser venir une réponse le sont tout autant.

    Avec mes clients je privilégie la méditation guidée, l'expression créative avec ciseaux, magazines, colle, feutres. Je constate avec bonheur que les productions sont inspirées, inspirantes.

    Si je mets en place ces conditions favorable, c'est pour aider les

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  • On ne promet rien aux jeunes générations, ni retraite, ni monde meilleur, ni…

    Autant dire qu'elles n'accepteront pas de s'investir dans nos entreprises si elles n'y trouvent pas la bienveillance, affirme Olivier Truong*.

    Bienveillance : Inclination à vouloir du bien à autrui

    Rien à voir avec la gentillesse, qui veut faire plaisir. Il n'y a pas de bienveillance sans exigence. Il n'y a pas non plus d'exigence possible à long terme sans bienveillance, d'où l'obligation de cultiver la bienveillance en entreprise si l'on espère y retenir les jeunes !

    Pourquoi est-ce si difficile d'installer la bienveillance ?

    C'est qu'il y a en nous des peurs :

  • On a toujours eu tendance à mettre sur le dos des jeunes les nouveaux comportements qui nous dérangent.

    Anaïs Georgelin* l'illustre à l'aide de citations des millénaires passés. Pourtant ce qu'on dit aujourd'hui des jeunes vis à vis du travail est davantage une question d'époque que de génération. Elle l'affirme et le démontre !

    Le rapport au travail a changé

    De fait, le développement des burn-out (cramé), bore-out (ennui) et brown-out (manque de sens) concerne toutes les classes d'âge.

    De même le développement du freelancing

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  • Là où l'on parlait hier de modes de fonctionnement différents entre hommes et femmes, il est plus juste aujourd'hui de considérer que ce sont des tendances féminines et masculines puisque nous avons tous une part féminine et une part masculine.

    En chaque personne une part féminine et une part masculine

    Pour autant il reste important de constater ces différences et de les comprendre pour éviter les frustrations explique Paul Dewandre* :

    • Masculin préoccupé de compétence (atteindre l'objectif
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  • Bien des évènements géopolitiques actuels semblent irrationnels et de fait, de toute part, les émotions montent, les mémoires remontent. C'est ce qui a poussé Astrid du Lau d'Allemans* à s'interroger : les peuples ont-ils une âme ?

    Sa réponse est oui et elle la développe avec ses repères psychanalytiques. Elle observe que les peuples ont :

    • une identité – Moi
    • une part éduquée par des contraintes et des limites – Surmoi
    • des Pulsions – Ça
    • des Mémoires qui génèrent des reproductions quand elles ne sont pas apaisées
    • une Ombre que l'on aimerait cacher
    • une part plus élevée – Soi
    • un Ego…

    Les peuples ont une âme

    C'est ainsi que les peuples réagissent très fortement (Pulsion) lorsque le

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  • On ne peut pas décider de prime abord qu'un être humain ne pourra pas prendre sa place dans la société.

    De cette idée, née en France au XVIIIème siècle, découlera la création de l'instruction des enfants handicapés (aveugles, sourds, autistes).

    Chaque être humain a une place à prendre dans la société.

    Pour autant la France a pris beaucoup de retard à partir du XIXème siècle, choisissant au nom de sa culture catholique, de faire la charité aux handicapés, de les payer en comptant sur eux pour ne pas réclamer.

    Dans d'autres pays à culture protestante, on a cherché à faire évoluer l'environnement pour permettre à chacun de réaliser son destin et si beaucoup de personnes handicapées sont pauvres, les procès pour faire avancer les aménagements sont

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  • Selfie
    Mot apparu en 2002, « moi étant seul.e » – actuellement 1000 par seconde dans le monde.

    Que signifient donc tous ces selfies ?

    • Prendre une part de gloire (devant un monument ou une personnalité)
    • Se donner une image sympathique (parmi les autres)
    • Attirer l'attention sur soi, aussi quelconque que l'on soit (avec des filtres)…

    Quelles motivations à cette pratique ?

    Leur usage n'est pas que léger et amical. Il est aussi :

  • Il y a de nombreuses façons de constater que notre société évolue à grande vitesse.

    Pour ma part c'est au contact des jeunes que j'en prends le plus conscience. Cela fait six ans que je les accompagne dans leur orientation. C'est à la fois beaucoup d'expérience et pas tant d'années que ça. Pourtant, plusieurs fois déjà, j'ai remarqué comme des changements de génération.

    Des générations qui se succèdent

    La première fois j'avais sollicité une supervision car je m'inquiétais : certains lycéens n'adhéraient pas comme d'habitude

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  • Aujourd'hui les enjeux environnementaux et sociétaux sont énormes.

    Les appels à ouvrir les yeux et à se mobiliser se multiplient. Nous sommes de plus en plus nombreux à les prendre au sérieux... en même temps que nous nous laissons reprendre par nos contradictions. 

    Les enjeux environnementaux et sociétaux sont énormes 

    Pour autant, nous sommes vraiment à un point de bascule de la mobilisation :

    • consommateurs, qui font de leurs actes d'achat un acte de vote (déjà 11 M d'utilisateurs de Yuka dont la note devient un critère pour le référencement de nouveaux produits dans les grandes surfaces)
    • salariés, qui estiment que le sens au travail est important (87 %)
    • étudiants, pour qui le sens est le premier critère de choix
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  • Nos façons d'être en relation ont évolué avec l'arrivée des écrans

    Serge Tisseron* l'explique par l'émergence d'une culture des écrans comme il y avait une culture du livre.

    L'une et l'autre véhiculent des repères et des valeurs spécifiques. De l'une à l'autre se produisent 4 grands changements.

    Dans la relation au savoir

    • hier c'était la culture du Un (un seul lecteur, un seul auteur, imprimé c'est définitif...) et le savoir descendait verticalement,
    • aujourd'hui c'est la culture du Multiple (à plusieurs derrière l'écran, plusieurs créateurs, tout est provisoire...) et le savoir se déploie horizontalement dans des directions multiples.

    Dans la relation aux apprentissages

  • Comment obtenir le meilleur des gens ?

    Jean-François Bertholet* énumère les pistes qui ont été explorées en entreprise. On a d'abord cru :

    • qu'il fallait offrir de meilleures conditions de travail. En fait non, cela retient le personnel mais sans performance supplémentaire.
    • qu'il fallait proposer des mesures incitatives individuelles. En fait c'est l'inverse car cela démotive les autres et détruit le collectif de travail.
    • qu'il fallait cultiver l'attachement. Mais les plus jeunes retiennent leur engagement et c'est de toute façon mauvais pour l'innovation.

    En réalité, c'est lorsqu'on se trouve traité de manière juste que l'on se donne le plus. Inversement, c'est parce qu'on

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  • Tandis que l'aspiration à être heureux progresse partout dans le monde, le désenchantement n'a jamais été aussi grand. Pour transformer la situation, Olivier Berut* propose de suivre les étapes de l'alchimie :

    l'œuvre au noir, l'œuvre au blanc, l'œuvre au rouge.

    L'œuvre au noir

    C'est le désenchantement face aux ruptures écologique, digitale, économique, de la complexité et du sens.

    Face à ce constat, les trois principales tentations sont :

    • la peur (tendance à mettre la tête dans le sable)
    • le cynisme (tendance à
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  • Grégoire Jeanmonod* est passionné de peinture et c'est donc tout naturellement qu'il illustre l'art du collectif au travers de morceaux choisis de l'histoire de la peinture.

    De fait, si l'artiste est solitaire dans sa création, il est très entouré avant (d'un réseau) et après (d'une équipe).

    Première leçon avec une toile à quatre mains d'Andy Warhol et Jean-Michel Basquiat :

    chacun des artistes est resté lui-même, c'est la tension entre les deux qui a fait le chef d'œuvre. Sortons de la concurrence pour entrer dans la complémentarité.

    Reconnaissons nos forces et celles des autres

    Deuxième leçon avec une école d'art remarquable, le Bauhaus. Sa créativité découle de principes fondateurs :

    « faire du jeu une fête, d'une fête un travail,

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  • Bruno Marion* cherchait à comprendre ce monde turbulent pour trouver comment s'y adapter.

    C'est en s'entendant parler de « chaos » qu'il a trouvé une piste... car le chaos est un état scientifiquement décrit.

    Pourquoi le monde est-il chaotique ?

    Parce que nous sommes de plus en plus nombreux (une croissance exponentielle) et de plus en plus connectés (villes, voyages, internet). Ces deux raisons suffiraient à créer le chaos.

    Deux autres s'y ajoutent : la vitesse et l'échelle des changements, de plus en plus grandes.

    Qu'est-ce que le chaos ?

    Un état dans lequel les écarts à l'équilibre, au lieu de s'estomper avec le temps, s'amplifient de manière exponentielle, parce que les choses vont trop vite ; le système n'a pas le temps de

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  • La violence n'est pas seulement ce que la société montre du doigt. Cela va jusqu'aux compliments incessants dans la journée de travail d'une femme du BTP, alors qu'aucun de ses collègues hommes n'a la moindre remarque sur sa tenue, ou encore l'immanquable discussion qui s'engage, pour une demi-heure au moins, à chaque fois que Mohamed boit un verre d'alcool en société.

    L'essentiel de la violence n'est pas l'effet d'une intention, plutôt d'un défaut d'ajustement aux besoins de l'autre. Par exemple ceux qui souffrent ressentent l'indifférence comme une extrême violence.

    La violence est le défaut d'empathie

    La seule définition qui couvre toutes les réalités de la violence, c'est le défaut d'empathie. L'antidote à la violence, c'est donc la qualité du

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