A la naissance, l'enfant arrive avec son tempérament. Il est différent des autres. Il a ses propres singularités qui sont de tous ordres : sa taille, sa santé, sa beauté, ses sensibilités génétiques… Tout cela aura une influence dès le début de sa vie.
Il arrive aussi dans une histoire, un temps et un lieu, dans une famille, avec une place dans la fratrie. Tout cela aussi aura de l'influence sur son développement. Sans oublier tout ce qu'il a déjà vécu intra utero qui l'a aussi déjà façonné.
Le tempérament est donné. Il est constitué de tous ces éléments qui caractérisent l'enfant quand il arrive au monde. Et cela va influencer le comportement des personnes qui l'entourent, à commencer par sa maman.
Imaginez, si le nourrisson est tout mimi, avec plein de cheveux, une bouche finement dessinée… Tous, telles des bonnes fées vont se pencher sur lui et s'exclamer : « Qu'il est mignon ! » Mais parfois, il faut bien le reconnaître, ceux qui s'approcheront seront bien embarrassés de ne pas savoir comment s'émerveiller devant lui !
Dés le début il y a aussi l'enfant qui demande à grand cri et celui qui reste plus discret, apparemment capable d'attendre. Une mère peut constater cela entre ses jumeaux et trouver bien pratique de contenter le premier avant de revenir vers l'autre. A moins qu'elle préfère ne pas amplifier ces traits et faire autrement.
Les singularités de l'enfant vont également influencer son comportement à lui. S'il est très sensible à la douleur il évitera probablement de prendre des risques, quand un enfant moins sensible osera davantage d'expériences.
Un enfant sensible à la récompense donnera beaucoup de lui-même s'il perçoit qu'il est félicité. Il se découragera rapidement s'il n'anticipe pas le plaisir d'être récompensé. Un autre moins sensible se laissera davantage guider dans ses activités par sa curiosité et son plaisir propre.
Tout cela contribue à des histoires différentes et un développement propre à chaque enfant, dès la toute petite enfance.
Avant d'évoquer la suite de la construction de la personnalité, remarquons que si le tempérament est donné, il peut parfois paraître déroutant aux parents. Si la maman accueille un enfant qui lui ressemble, qu'elle s’y reconnaît, ça l’aide à tisser un lien d’affection, de compassion, de protection. Dans le cas contraire c’est moins facile.
A ce stade, que pouvez-vous reconnaître de votre tempérament, de ces données de départ en arrivant dans la vie ?
Personnellement je comprends avec le temps que je suis arrivée au monde avec une très grande sensibilité et que j’ai dû m’adapter pour ne pas trop en souffrir. Mais là j’anticipe sur la suite.
Le caractère se co-construit dans la relation
Après la naissance, le caractère se construit dans la relation. Au départ il se co-construit avec la mère. L'enfant la connaît déjà et il va rapidement la reconnaître. Un lien d’attachement très fort va se tisser, c’est vital pour le bébé.
Le caractère se co-construit aussi avec le père qui va l'encourager à explorer le monde, à se dépasser. C'est typiquement dans des activités comme apprendre à marcher et à faire du vélo.
Dans une moindre mesure, le caractère se co-construit également dans la relation avec la fratrie, les enseignants, les entraîneurs de sport et professeurs de musique, tous ces grands avec qui l’enfant va interagir et se construire.
Sur ce chemin, les parents et l’environnement sont ce qu’ils sont. Les parents parfaits n’existent pas, l’environnement parfait n’existe pas. Et de toute façon, parfait, ça voudrait dire quoi ?
Les parents ont la responsabilité d'apporter à leur enfant ce dont il a besoin. Mais de quoi a précisément besoin cet enfant-là, à cet instant là ? Les parents vont plus ou moins bien comprendre, plus ou moins bien répondre, parfois maladroitement ou carrément de travers.
Il y a inévitablement des manques, voire des blessures. Lorsque cela se répète souvent ou que c’est trop intense, l’enfant est obligé de s’adapter. Et c’est là que se construit le caractère. Ce sont des adaptations instinctives qui lui sauvent la mise et peut-être même la vie.
C’est par exemple l’enfant qui vit des émotions beaucoup trop intenses pour lui, trop douloureuses. Alors il devient évitant. Son cerveau se transforme pour ne plus laisser autant passer les émotions.
C’est salvateur à ce moment-là, ça lui permet de traverser l’enfance sans être trop chahuté, trop abimé. Merci à cette adaptation, merci à ce trait de caractère.
Par la suite l’adulte regrettera peut-être d’être vu comme quelqu’un de froid, de distant. Il aura peut-être envie de transformer ça. Heureusement, c’est possible, avec patience et persévérance.
C'est aussi l’enfant que son père ne soutient pas suffisamment de son regard. Il découvrira peut-être qu'il peut attirer l'attention avec des « coucou, je suis là, regarde-moi. » Instinctivement il pourra développer un trait de caractère qu’on appelle flamboyant.
Cela lui permet de continuer à grandir. Mais cette habitude de se mettre en avant, ce trait de caractère comportera aussi des inconvénients. Heureusement, l’adulte pourra travailler à adoucir ce trait, à retrouver d’autres possibilités d'être en société.
Le moment est venu de vous questionner sur vous-même : comment s’est passé le voyage au pays de votre enfance ? Comment vous êtes-vous adapté ? Quels traits de caractère avez-vous développé dans la relation avec vos parents ?
Nous ne sommes pas réduits à notre caractère
Vous comprenez que notre caractère n'est qu'une facette de nous-même, celle que nous présentons au monde par habitude. Derrière ces apparences, il reste la personne que nous étions en arrivant au monde avec notre tempérament. Il y a aussi nos aspirations, nos valeurs...
Et puis nous ne sommes pas figés. Nous évoluons au travers de nos expériences et surtout de nos relations. Qui n'a pas constaté qu'il se sentait pousser des ailes dans une relation amoureuse, ou apprécié une relation qui lui apporte stimulation et reconnaissance…
Nous évoluons toute notre vie, surtout si nous faisons le choix de nous en donner les moyens !
De nombreuses personnes témoignent ainsi qu'avec le temps elles ont gagné en confiance en elle. Arrivées dans la vie professionnelle avec une estime d'elle-même encore toute frêle, elles ont grandi au travers de leurs expériences, professionnelles, parentales ou associatives.
Notre personnalité n’est pas figée fort heureusement. Prenons l'exemple d'une personne très effacée qui se sent utilisée par les autres. En thérapie, elle ouvre progressivement les yeux sur ce qui, en elle, suscite ce comportement de la part des autres.
Avec mon aide, elle parvient à mettre du sens sur ce qui l'a conduit à ce constat. Ensemble nous imaginons comment elle pourrait penser autrement, se comporter autrement. C'est une co-construction.
Quand elle se sent prête, elle pose des actions concrètes dans sa vie. Comme pour tout apprentissage, c'est la répétition qui permet de gagner en confiance. Et finalement elle éprouve de plus en plus de fierté à prendre sa place dans un groupe, à dire stop, à s'affirmer.
Comme cette personne, nous pouvons tous nous donner les moyens d'évoluer. Nous pouvons choisir, à un moment donné, de reprendre les rênes de notre vie, de nous mettre en route pour devenir davantage qui nous sommes et qui nous avons envie d'être.
C'est vraiment en notre pouvoir et c'est dans la relation que ce sera possible. Ce que nous avons commencé dans la relation avec nos parents, nous pouvons le continuer dans des relations de notre choix aujourd'hui. C'est la très belle invitation de la Gestalt thérapie.
Nous pouvons devenir pleinement nous-même
Il n'est pas question de devenir quelqu'un d'autre. Il s'agit de devenir pleinement soi. Car, au fond de nous, existe toujours ce qu'en Gestalt thérapie nous appelons l'Être. Cette part de nous préexistait à la construction de notre personnalité, elle était déjà là lorsque nous sommes venus au monde.
C’est une part de nous qui est reliée à plus grand que nous. On peut en avoir une compréhension spirituelle. C’est qui nous sommes vraiment, malgré tout ce que nous avons traversé de difficile, et qui nous sommes définitivement.
Cet Être n’attend qu’une chose : que nous nous reconnections à lui, que nous le redécouvrions et devenions pleinement qui nous sommes. Magnifique, non ?
J’aime beaucoup ces deux idées, que nous pouvons décider de nous remettre au travail pour évoluer et que notre Être attend qu’on revienne à lui. Magnifique.
Et vous, quand est-ce que vous avez l’impression d’être aux commandes de votre vie, de choisir de la faire évoluer et même mieux, de faire évoluer qui vous êtes. Quand êtes-vous en connexion avec cet Être qui est vraiment vous-même ?
Parlons-en !


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