Je pense à une cliente qui était dans mon cabinet parce que son mari l'avait menacée de séparation si elle ne changeait pas. Elle avait peur de le perdre et s'exécutait. Heureusement, elle a pu trouver une motivation personnelle et rapidement découvrir tout le bien que lui faisait la thérapie.
S'il faut une motivation personnelle, le travail sur soi ce n'est pas uniquement pour soi.
Il arrive que des personnes viennent avec un ras-le-bol d’avoir trop donné jusque-là, de s’être trop reniées. Elles veulent enfin se mettre en priorité.
C'est une bonne idée car à force de trop donner, elles mettent les autres mal à l’aise ou elles finissent par le leur reprocher. A force de se renier, les autres se lassent de ne pas savoir qui elles sont et ce qu'elles veulent.
Si ces personnes manifestent au départ un désir excessif de se privilégier par rapport aux autres, elles reviendront bien sûr dans leur mode altruiste après avoir appris à se positionner de manière plus juste dans les relations.
Je ne rencontre jamais de personnes égoïstes dans mon cabinet. Au contraire, je reçois beaucoup de personnes qui ont très peur de le devenir. Je les rassure tout de suite, cela n’arrivera jamais.
D’ailleurs, le fait même qu’elles en aient peur, c’est la meilleure garantie sur le fait que c’est important pour elles de rester ouvertes aux autres. Elles le resteront.
Par ailleurs, en devenant plus heureuses grâce à la thérapie, les personnes suscitent du bonheur autour d’elles. C’est toujours comme cela qu'elles témoignent de leurs progrès.
Elles me racontent que ça se passe mieux avec les gens qui les entourent, qu'ils profitent de leur progrès, qu'ils sont heureux pour elles.
Et vous ? Si vous êtes un peu familier du travail sur vous-même, quels sont les bénéfices qu'apprécient ceux qui vous entourent ?
Nous sommes des êtres de relation
L'être humain n'est rien tout seul. Il est en permanence en relation.
Nous sommes en relation tantôt avec notre mari, notre fille, notre collègue, notre cheffe, le boulanger, la médecin, notre chat, notre chienne.
Nous sommes aussi en relation avec la nourriture, la solitude, le travail, le temps, l'argent.
Tout ce que nous vivons comme joies et désagrément, c'est en relation avec quelque chose ou quelqu'un.
Alors vous, qu'est ce qui vous fait difficulté en ce moment ? De quelles relations est-il question ? Avec qui ? Avec quoi ?
Travailler sur soi, c’est travailler sur ses relations
En Gestalt-thérapie, c'est à la relation que nous nous intéressons. Nous nous questionnons sur ce que nous vivons ici et maintenant dans cette relation.
En effet nous ne sommes pas quelqu'un dans l'absolu. Nous sommes une personne à un moment donné, dans un environnement particulier, en relation avec...
Ce que nous vivons d'agréable ou de désagréable, c'est dans cette relation précise. Par exemple, je suis très détendue avec Géraldine au travail mais mal à l'aise quand je la croise le samedi au marché.
En Gestalt thérapie nous apprenons à discerner ce qui se passe pour nous et à le transformer.
Par exemple, si je me sens mal dans cet appartement, à moi d'en tirer les conséquences. Si j'ai toujours du mal avec ce qui se termine, à moi d'y travailler.
Et naturellement, puisque nous travaillons sous cet angle de la relation, lorsque nous progressons la situation s'améliore aussi pour l'autre.
Mieux, nous constatons que cela améliore d'autres relations qui ressemblent à celle que nous venons de transformer.
C'est typiquement la personne qui vit une difficulté avec sa hiérarchie. Lorsqu'elle parvient à se sentir plus à l'aise dans cette relation, elle découvre que cela va mieux avec d'autres personnes, à chaque fois qu'il y a une relation d'autorité.
Et vous, quelles relations avez-vous déjà réussi à améliorer ?
Nous devenons des personnes plus agréables aux autres
En travaillant sur nous-mêmes, nous devenons plus agréables aux autres pour de multiples raisons.
Tout d'abord nous sortons de la posture de victime : « J'ai pas de chance. » « C'est de la faute des autres » ou « de l'état du monde. »
Nous choisissons de nous retrousser les manches pour améliorer notre vie. Nous développons en même temps la conscience de notre pouvoir et de notre responsabilité sur ce qui nous arrive.
Qu'en dites-vous ? N'est-ce pas plus agréable de côtoyer quelqu'un qui se prend en charge plutôt que quelqu'un qui rejette toute responsabilité ?
Nous devenons plus agréable également parce que nous régulons mieux nos peurs.
Hier nous n'avions peut-être pas conscience de nos peurs mais elles suscitaient toute sorte de comportements comme la fuite, l'inaction ou l'agressivité. Aujourd'hui nous les reconnaissons et nous parvenons mieux à retrouver nos ressources.
Là encore, préférez-vous côtoyer une personne stressée, agressive, sur la défensive ou une autre qui inspire sérénité et confiance ?
Enfin nous devenons plus agréable aux autres car nous régulons mieux notre ego. Nous savons le reconnaître et l'inviter à s'éclipser.
Reconnaissez que ce n'est pas très agréable d'être en relation avec un ego qui prend toute la place !
Pour ces raisons et bien d'autres encore, lorsque vous travaillez sur vous-même, vos relations s'améliorent et ceux qui vous entourent apprécient.
Et vous, qu'est-ce que vous régulez mieux dans vos relations ?
Travailler sur soi pour honorer la vie
Travailler sur soi ce n'est donc pas égocentrique, mais altruiste.
A vrai dire c'est la suite logique de notre croissance et de notre développement des vingt premières années. Qui peut prétendre être arrivé, confiant en toute situation et serein dans toutes les relations ?
Il reste toute la suite de notre vie pour devenir pleinement qui nous sommes, pour déployer toutes nos potentialités. Il s'agit d'honorer la vie et ce qu'elle nous a donné.
Il y a du travail pour devenir vraiment conscients et responsables de nous-mêmes. C'est alors seulement que nous pouvons poser des choix et des actes vraiment libres.
Erasme disait qu'on ne naît pas Homme, on le devient. C'est tout un chemin pour devenir pleinement humain, altruiste, bon.
Et vous, où en êtes-vous de ce processus vers plus d'épanouissement et de générosité ?
Parlons-en.


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