Réparer ses blessures, libérer ses capacités bloquées

De fait, quand il arrive au monde, l'enfant est totalement immature. Son sort dépend des adultes, dans notre société de ses parents. Il a besoin d'eux pour prendre en charge ses nombreux besoins, d'affection, de sécurité, d'encouragements, de limites…

Les parents parfaits n'existent pas. Ils font ce qu'ils peuvent, en fonction de leur propre histoire, des circonstances du moment, de ce qu'ils comprennent des besoins de cet enfant, différent de tous les autres.

Alors, dans bien des situations, marquantes ou répétées, l'enfant doit faire face au manque, à la souffrance. Pour survivre et continuer à se développer il trouve des stratégies d'adaptations. En Gestalt thérapie on parle d'ajustements créateurs. Ils sont des ajustements salvateurs pour l'enfant.

Maman ne répond pas suffisamment au besoin de tendresse. Alors il se coupe de ses ressentis, pour ne plus trop souffrir. Papa est très critique, alors il s'applique à donner tout ce qu'il peut pour échapper aux remarques.

Ces ajustements deviennent peu à peu des modes de fonctionnement bien rodés, efficaces, inconscients, systématiques. Ils deviennent des ajustements conservateurs. Avec le temps, l'adulte risque de ne plus s'y retrouver.

Il en a marre de passer pour froid, d'être ainsi coupé de ses émotions. Il n'en peu plus de s'échiner à atteindre une perfection illusoire, de se mener la vie aussi dure.

Se libérer de ses stratégies de compensation

Je propose parfois à mes clients de retourner au contact de l'enfant de l'époque, lorsqu'il s'est trouvé en difficulté, qu'il a manqué de ressources. Il s'agit, avec les ressources de l'adulte d'aujourd'hui, d'aller lui apporter précisément les ressources dont il a besoin.

Il se produit une réparation émotionnelle par rapport à cette histoire ancienne, qu'on prend soin d'étendre à tous les épisodes suivants.

L'inconscient enregistre que cela se passe bien. Il déverrouille ses stratégies de compensation. Par la suite le client s'en étonne. Il a retrouve de la liberté dans sa façon de se comporter dans des situations analogues.

Il y a vraiment une réparation, une libération.

Pendant la séance, la personne a également découvert qu'elle pouvait prendre soin de son enfant intérieur, que cela faisait du bien. Elle a entrevu qu'elle pourrait le faire dans sa vie désormais.

Et c'est là que guérir de son passé ne suffit pas. Il faut bel et bien se mettre au travail pour pleinement transformer sa vie.

Prendre la responsabilité de transformer sa façon d'être

Sans quoi la thérapie ce serait comme enlever les mauvaises herbes dans un jardin. Tous ceux qui s'y appliquent savent que cela n'a pas de fin, que cela repousse sans cesse et que pour obtenir un beau résultat il faut aussi semer, favoriser le développement, entretenir.

A quoi bon en effet, guérir des blessures du passé, si l'on ne reprend pas le développement qui a été entravé par les ajustements de l'époque et les stratégies de compensations ?

Après avoir évité les émotions, il va falloir apprendre à les réguler comme cela aurait du se faire dans la petite enfance. Après s'être libéré de la peur des critiques, il va falloir cultiver la capacité d'apprécier les choses comme elles sont.

C’est le moment de réinviter sa vie, de construire son bonheur, par ajustements successifs. Des ajustements créateurs pour aujourd'hui.

Voici mon exemple personnel : avec le temps j'ai pris conscience que je m'étais interdit de grandir, que j'avais préféré rester petite. C'est Kirikou qui me l'a fait comprendre !

Aujourd'hui j'ai lâché cet ajustement conservateur. J'ai vraiment envie de grandir et les domaines ne manquent pas. Oui mais voilà, je dois apprendre à me confronter à ma peur de me projeter, au risque de ne pas y arriver. Je m'y emploie !

Dans ce deuxième volet de la transformation, il s'agit de prendre sa responsabilité.

C'est l’enfant a été abimé, empêché à l'époque. Il a besoin de compassion, de réparation, de ressources.

Après quoi, il s'agit de se prendre en charge, en tant qu'adulte : prendre soin de son enfant intérieur et l'encourager à grandir. Il s'agit de reprendre son développement, notamment celui son estime de soi

Mettre de l'énergie pour construire son bonheur

Tout cela vaut pour soi-même, dans sa vie et en thérapie. C'est important aussi dans la relation de couple.

Au début de la relation, dans la phase amoureuse, on se sent comblés. Chaque enfant intérieur a l'impression d'être réparé par ce nouvel amour qui semble parfait. Chacun se sent porté, et même se voit grandir.

Après cela, si l'on souhaite que l'amour du couple perdure, que la relation grandisse, alors il faut ensemble se retrousser les manches et prendre chacun sa part de responsabilité.

Au quotidien, en adulte, chacun doit veiller à garder son coeur ouvert, à apprécier ce qu'il reçoit et à poser des actes qui permettent à l'autre de se sentir aimé.

Construire son bonheur, c'est exigeant. On aimerait parfois être arrivé, n'avoir plus qu'à profiter. Mais la vie n'est pas comme ça.

C'est comme dans une maison : il faut mettre de l'énergie, parfois de l'effort pour que cela reste propre, en bon état. Et quel plaisir parfois, d'imaginer un nouvel aménagement, de se lancer dans un agrandissement !

Où en êtes-vous dans votre maison ? Besoin de ménage, d'entretien, de travaux ?