Tatiana Brillant explique que lorsque le RAID intervient, ce n’est pas pour tuer, ce qui est toujours un échec !

Sa mission est au contraire de sauver des vies. Le RAID cherche donc à obtenir que la personne se rende (négociateurs). Il ne donne l’assaut qu’en dernier recours, avec pour objectif de la faire sortir vivante (équipe d’intervention).

Résoudre la crise de manière pacifique, c’est ce qui a motivé Tatiana Brillant à rentrer au RAID parmi les négociateurs. Pour obtenir que la personne sorte, elle explique qu’elle cherche à créer une relation avec elle.

Pour obtenir ce que l’on souhaite, d’abord créer du lien...

La priorité n’est pas de parler mais d’écouter, y compris les silences qui en disent beaucoup. Le but est de parvenir à entendre les motivations de la personne :

  •   Le terroriste a envie de parler, c’est un atout
  •   Le forcené dans la détresse espère qu’on s’intéresse à lui
  •   Le forcené dans le désespoir n’attend rien, c’est le plus difficile à gérer...

Il y a des techniques mais surtout beaucoup de savoir faire :

  •   Surtout ne pas contraindre la personne en voulant la convaincre
  •   Surtout ne pas abîmer son ego avec du jugement
  •   La respecter : elle a autant de raisons que le RAID de vouloir obtenir ce qu’elle demande

Il s’agit de créer du lien avec la personne, en utilisant les mêmes méthodes que pour les négociations commerciales, le management ou encore la thérapie : écoute active, pratiques narratives, systémique, programmation neuro-linguistique…

… et se donner le temps, pratiquer l’empathie

Ce qui permet d’obtenir que la personne se rende, c’est le temps, l’empathie… et instiller le doute dans son esprit.

Autre point commun entre le RAID, l’entreprise et mon cabinet de psychothérapie : la régulation émotionnelle. Les membres du RAID ne peuvent pas mettre de côté leurs émotions et elles ne se régulent pas de manière rationnelle.

Pour lutter contre la peur, l’équipe d’intervention travaille chaque jour un ancrage. Celui de derrière pose sa main sur l’épaule de celui qui est devant lui. Elle manifeste que : « oui, on va entrer, oui, c’est dangereux, mais on est formés et il y en a dix derrière toi. »

Pour se prémunir de la peur, cultiver la confiance

Après l’intervention, les émotions ont besoin d’être exprimées, expirées.

C’est pourquoi les professionnels se parlent immédiatement après.

Et pour s’encourager à aller voir les psy du RAID, chacun a pour mission de repérer celui qui va mal.

Pour être un ou une bonne professionnelle, réguler ses émotions

Pour faire ce métier ils ont besoin d’une base arrière solide. Ils doivent donc :

  •   ne pas rentrer tout de suite chez eux, pas avec leurs émotions !
  •   parler, ventiler
  •   prévenir leurs proches : « J’ai eu une journée difficile, je ne suis pas disponible. »
  •   faire du sport

Au RAID, comme en coaching et en psychothérapie, il faut des professionnels formés, entraînés, supervisés, en bonne forme et qui prennent soin de préserver leur santé mentale.

Et vous, dans quel contexte avez-vous du mal à obtenir ce que vous souhaitez des autres ?

Est-ce que vous appliquez toutes ces bonnes pratiques ?

Parlons-en !